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PRINCIPE DE PRÉCAUTION OU PRINCIPE DE RÉGRESSION ?
Depuis que la charte de l'environnement a été rattachée à la constitution, le principe de précaution faisant l'objet de l'article 5 de ladite charte est devenu constitutionnel !!!
Est-ce une bonne chose ou une "grosse connerie" ?
J'ai plutôt tendance à penser que c'est une énorme bêtise. On ne peut pas en tout et pour tout se prévaloir d'un principe de précaution couperet. Si je comprends bien la nécessité d'avoir une référence de telle nature, il eut fallu l'assortir d'une certaine forme de pondération.
Depuis des lustres, j'ai moi-même plaidé pour une certaine forme de précaution en déclarant ex cathedra qu'en cas de doute, celui-ci devait profiter au consommateur.
Avec une longue réflexion, je me suis rendu compte que tout ceci n'était pas aussi simple et que cela nécessitait une analyse plus précise.
Citons l'exemple de l'huile de cuisson dont chacun sait qu'elle est un vecteur de maladies cardio-vasculaires. En vertu du principe de précaution, doit-t-on l'interdire ?
La fréquentation des fast-foods a tendance à faire grimper le taux de cholestérol de ceux qui y vont régulièrement manger, C'est dangereux pour la santé. En vertu du principe de précaution, doit-t-on les interdire ?
Les émanations des pots d'échappement sont cancérogènes et conduire peut provoquer des accidents mortels. En vertu du principe de précaution, doit-t-on interdire l'usage de la voiture ?
La molécule de l'aspirine, l'acide acétylsalicylique est certes efficace mais présente de nombreuses contre-indications qui font dire à certains membres de la chaîne de la santé publique que si on la découvrait aujourd'hui, il n'est pas certain qu'elle obtiendrait l'autorisation de mise sur le marché. . En vertu du principe de précaution, doit-t-on interdire l'aspirine ?
On voit bien au travers de ces quelques exemples que l'on vit dans un environnement où les risques sont légions et que l'on vit très bien avec.
Précisons que tout développement contient en lui la notion de risques putatifs qui pourront, ou non être mis en exergue au fur et à mesure des découvertes de la science.
Ne pas admettre cela, c'est être un peu "cruche" et y opposer le risque de précaution c'est s'enfermer dans une forme de négation du développement scientifique.
Le simple fait de vivre sur terre présente un danger permanent, le simple fait de s'alimenter consiste en une forme d'intoxication qui nous conduira inéluctablement à la mort.
Vivre sur Terre, ce n'est pas évoluer dans un environnement aseptisé, mais dans un environnement où le danger nous guette à chaque instant, ne serait-ce qu'en vertu du fait que respirer est dangereux.
Alors, l'homme a le droit de passer ces quelques moments sur terre sans les tonnes de contraintes que l'on nous impose de jour en jour.
Soyons clairs, le devenir de la Terre, c'est un jour d'imploser, et il ne restera plus aucune trace de notre misérable passage.
Je milite donc pour l'abrogation de l'article 5 de la charte de l'environnement et pour l'instauration d'un
"principe de précaution raisonné".
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